6 Juillet 2017

Juno

La sonde Juno a été développée par la NASA pour étudier la planète Jupiter au plus près. Elle étudiera la composition de son atmosphère, sa structure interne, son champ magnétique, et l’origine de sa formation.

Juno est la deuxième mission de la classe New Frontiers de la NASA, succédant à New Horizons et précédant OSIRIS-REX. Le lancement a eu lieu le 5 août 2011 pour une mise en orbite le 5 juillet 2016, et une fin de mission initialement prévue pour 2018 mais repoussée à 2022 pour des raisons techniques. La mission se terminera par la destruction de la sonde qui plongera dans l’atmosphère pour en étudier la composition avec plus de détails.

Juno a plusieurs particularités. D’abord, elle passe par les pôles avec une orbite très excentrique qui lui permet d’avoir un périastre (point le plus bas) très proche des sommets des nuages de Jupiter (5 000 km). C’est aussi la première sonde capable de s’aventurer aussi loin du Soleil avec des panneaux solaires : grâce à l’amélioration de l’efficacité des cellules photovoltaïques elle peut se passer de l’habituelle alimentation électrique nucléaire (RTG, Générateur Thermoélectrique à Radioisotope) qui équipe habituellement ce type de sondes.

Ensuite, Juno est stabilisée par spin : elle utilise sa propre rotation (2 tours par minute) pour se stabiliser grâce à l’effet gyroscopique.
De plus, Juno embarque une caméra (JunoCam) qui n’a pas directement de rôle scientifique, mais qui rapporte de superbes images de la planète à destination du grand public.

Dans l’importante participation européenne à cette mission américaine, le CNES a contribué à la réalisation par l’IRAP du  senseur d’électrons JADE-E de l’instrument JADE. JADE détectera les particules énergétiques (électrons et ions) produites par les aurores polaires de Jupiter, complétant ainsi les autres instruments de Juno pour étudier sa magnétosphère.

L’instrument JIRAM est un détecteur infrarouge. C’est également une participation européenne, menée par l’Italie. Il sondera l’atmosphère profonde jusqu’à une centaine de kilomètres.

La participation française compte également plusieurs chercheurs et laboratoires impliqués dans l’étude des résultats de Juno :

  • Michel Blanc de l’IRAP à Toulouse, est co-investigateur sur la mission Juno, spécifiquement sur la magnétosphère de Jupiter.
  • Baptiste Cecconi, Pierre Drossart, Thérèse Encrenaz, Thierry Fouchet et Philippe Zarka du LESIA sont Co-investigateurs sur les instruments JIRAM, MWR et Waves
  • Tristan Guillot de l’Observatoire de la Côte d’Azur à Nice, sur l’étude de la structure interne.